Assistanat

Assistanat : réfléchir autrement

Être assistant, c’est réfléchir autrement. A part quand on fait de la linguistique, on ne se pose jamais de questions sur notre langue. On connaît telle règle de grammaire parce qu’on l’a apprise, on connaît la prononciation de tel mot parce qu’on l’a apprise aussi. Parler français nous vient naturellement.

Mais quand des étrangers apprennent le français, ils se posent des questions que nous ne nous poserions jamais. Et c’est ça qui est intéressant dans ce métier : apprendre à réfléchir autrement. Se poser des questions sur sa culture ou sur sa langue.

On doit se mettre à la place des élèves afin de comprendre leur logique. Parce qu’on a appris la langue quand on était petit, et qu’ils apprennent maintenant ! Par exemple, une des assistantes de Derby faisait un travail sur l’environnement. Son élève ne savait pas dire « campagne », alors a trouvé un moyen pour lui faire comprendre (un moyen très étrange, mais efficace apparemment) : champignons… Champagne ! Et ainsi, l’assistante a pu comprendre qu’il cherchait le mot « campagne ».

C’était pareil pour l’année dernière, et ça va être pareil cette année. On m’a posé des questions sur la grammaire française, des questions que je ne m’étais jamais posée ! Avez-vous déjà entendu parler du ne explétif ? Non ? Et bien moi non plus, jusqu’à l’année dernière, où mes Y13 ont demandé à leur prof pourquoi on met ne après « je doute que… ». Je ferai un article dessus, parce que c’est une règle de grammaire dont je n’avais jamais entendu parler !

Au niveau de la culture, mes élèves m’ont souvent demandé pourquoi on colle des Poissons d’avril dans le dos des gens le 1er avril, ou pourquoi on boit le café/thé/chocolat chaud dans un bol (personnellement, je bois mon thé/chocolat chaud dans une tasse, et je mange mes céréales dans un bol), ou pourquoi on fête la fête des rois. J’avoue que j’ai dû chercher pour le poisson d’avril. Mais les Anglais n’ont pas les mêmes traditions que nous, alors on se doit d’expliquer notre culture.

 

Et être assistant(e), c’est aussi essayer de ne pas rigoler quand les élèves nous sortent ces petites perles (volontaires ou non). J’ai bien dit « essayer »… J’y arrive quelquefois, mais la plupart du temps, ça me tue. Bon, après il faut leur expliquer pourquoi il ne faut pas dire ça comme ça, mais ça fait toujours rire. Du style « je couche avec mon frère » au lieu de « avec mon frère, nous allons nous coucher » (je pense que j’ai un visage très epressif quand quelque chose sonne faux…).

J’aime beaucoup être assistante, parce que je me questionne sur ma langue (enfin, les élèves me posent des questions, et je me dois de leur donner la bonne réponse).

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