Assistanat

Etre assistant(e) de français à l’étranger

Hello tout le monde !

Mon aventure en tant qu’assistante de français en Angleterre, et voilà, après quelques mois d’écriture, voici l’article complet sur ce job. Un job à part entière pas assez connu (et reconnu) à mon goût ! En espérant que cet article soit complet et instructif ! Bonne lecture !

 


La Job description

C’est quand même le plus important et tout l’intérêt de cet article. Que fait-on en tant qu’assistant(e) de langue ? Quelle est notre place dans l’école ?

Les assistants travaillent en général 12h par semaine. C’est tout. Si certaines écoles vous demanderont de faire 18h par semaine, le salaire sera évidemment plus conséquent. Un assistant peut travailler 18h par semaine maximum !

Le travail change en fonction du type d’écoles et de l’affectation. J’étais dans une grammar school, une école privée. Le niveau était donc plus élevé que dans les state schools. Le travail d’un assistant dépend aussi de l’année des élèves. J’avais des élèves allant des Y3 (CE1) aux Y13 ou Upper Sixth/U6 (Terminale).

  • En école primaire, des Y3 (CE1) aux Y6 (CM2) inclus, j’assistais surtout la professeure en classe. Je prononçais les mots qu’ils devaient apprendre, et je faisais des PowerPoints et/ou des activités sur un sujet précis : Noël, Pâques, Halloween, etc. Les élèves de primaire ont la soif d’apprendre et sont, en général, très compétitifs ! Rien ne vaut un Quizlet en groupe (s’ils ont accès à un ordinateur portable), un travail groupe (comme remettre une recette dans l’ordre), attribuer le bon mot à la bonne photo, ou un jeu de Splat (poser des images sur le tableau, les élèves doivent taper la photo qui correspond au mot que prononce le professeur).
  • Des Y7 (Sixième) au Y9 (Quatrième) inclus, je faisais surtout des activités en lien avec la leçon. Des leçons de prononciation, des jeux pour apprendre des mots nouveaux, des jeux de mémoire, etc. Ils aiment aussi les jeux de rôle. Je m’occupais aussi de leurs examens oraux et de la correction des copies pour alléger un peu les profs. Je m’occupais aussi de créer des Google Sheets, chose qui est littéralement devenue ma passion XD ! A cet âge-là, les élèves sont plus ou moins réceptifs. Dans les state schools et plusieurs écoles privées, les élèves peuvent arrêter les langues après la Y9. Dans mon école, ils devaient étudier au moins une langue aux GCSEs (General Certificate of Secondary Education).
  • Des Y10 (Troisième) aux Y11 (Seconde), les élèves seront en pleine préparation des GCSEs, épreuves très importantes pour les élèves. Ils les passent à la fin de la Seconde. L’épreuve de français se déroule en trois parties : listening (compréhension orale), writing (production écrite), reading (compréhension écrite) et speaking (production orale). La façon dont se déroule l’oral dépend de l’Exam Board que votre école utilise : il faudra demander à l’école comment se déroule l’oral, puisque c’est vous qui le préparerai le plus ! Pour ma part, l’Exam Board était AQA : bonjour aux role plays, aux photocards et à la general conversation !
  • Des Y12 aux Y13, cela dépend encore de l’Exam Board. Seuls les profs de l’école pourront vous dire de quoi il en est et comment préparer les élèves aux examens ! En tout cas, privilégiez le français ici, leur niveau est assez bon pour qu’ils parlent seulement en français !

En classe, certains profs préfèrent utiliser la langue cible (le français), d’autres l’anglais. J’essayais de confronter les élèves autant que possible au français, mais des fois (surtout pour les plus jeunes), j’avais recours à l’anglais, ou aux mimes et au langage des signes des professeurs XD (ouvrez les cahiers ! parlez ! développe ! je peux voir les gestes dans ma tête !).

N’ayez crainte ! Les premières leçons seront surtout de la présentation. En général, on ne vous laisse pas seul(e) avec les élèves la première semaine, sauf à partir des Y10.

Retenir les noms des élèves a été un challenge quotidien. J’ai la chance d’avoir une bonne mémoire, mais les prénoms des élèves ont été une chose qui m’a pris presqu’un an pour les retenir ! Demandez des listes au début, ça aide beaucoup J !

Concernant les repas, là encore, tout dépend de l’école ! Les repas des profs étaient gratuits dans mon école, car on mangeait avec les élèves, donc on les surveillait. Mais dans certaines écoles, les school dinners ne sont pas fournis…

 

Après les 3 ans que j’ai passés dans l’école, je peux vous dire que j’ai adoré cette expérience. J’ai appris beaucoup de choses, que ce soit en étant avec les élèves ou avec les profs. Par exemple, je ne disais plus accent grave ou accent aigü, mais landing accent et take off accent (comme un avion). J’ai appris beaucoup de choses en anglais aussi ! La langue que je parlais le plus a été l’anglais, alors autant vous dire qu’à mon retour en France, et même encore aujourd’hui, je pense en anglais et je dis des phrases copiées-collées de l’anglais. Et même si j’avais un petit accent français au début, il a complètement disparu aujourd’hui, et j’en suis fière (je ne supporte plus l’accent français, ça me fait mourir de rire !). Vous allez évoluer, vous épanouir !

 


Comment postuler ?

Comme j’ai voulu partir au Royaume-Uni, je vais parler de cette expérience-là. Mais sachez que cela peut concerner d’autres pays !

Vous avez deux options pour trouver un poste d’assistant(e) : postuler directement auprès de l’école (TES, etc.) ou passer par le CIEP / France Education International (le nouveau nom du CIEP). Personnellement, je suis passée par le CIEP.

  1. Postuler directement auprès de l’école

Je ne connais pas vraiment cette méthode, mais je sais que pour postuler, il vous faudra un CV et une cover letter (lettre de motivation), et vous devrez passer un entretien. Le tout en anglais pour le Royaume-Uni.

  1. Postuler avec le CIEP

Le CIEP est un organisme qui promeut l’enseignement et diffusion du français à l’étranger. C’est donc cet organisme qui propose aux étudiants de postuler à travers leur site pour trouver un poste d’assistant(e) à l’étranger.

Pour postuler à un poste d’assistant(e), vous devrez déjà lire les fiches-pays des pays qui vous intéressent et regarder les critères d’éligibilité. La campagne d’inscriptions se déroule sur une période de temps limitée, il est donc nécessaire de vérifier les dates sur le site internet du CIEP.

Une fois la campagne d’inscriptions lancée, vous devez faire un test d’éligibilité, où vous indiquerez votre âge, votre université et votre cursus actuel. Ce test vous indiquera dans quel pays vous pouvez postuler. Vous choisissez ensuite le seul et unique pays pour lequel vous allez postuler.

Une fois votre compte créé, vous allez devoir remplir un dossier, passer un entretien avec un professeur de langue qui « portera une appréciation sur votre motivation et votre niveau de langue ». Il faudra aussi fournir les pièces justificatives et valider votre dossier une fois celui-ci rempli.

Dans le dossier, vous devrez indiquer :

  • Votre état civil et vos coordonnées,
  • Vos vœux régionaux, qui se trouvent sur la fiche du pays en question, ainsi que votre préférence concernant le type de ville (petite, moyenne, grande) et si oui ou non vous souhaitez aussi intervenir en école primaire,
  • Votre formation éducative (études secondaires et supérieures),
  • Vos expériences professionnelles,
  • Une lettre de motivation en français (4 000 caractères maximum) et une lettre de motivation en anglais (4 000 caractères maximum) !

Une fois votre dossier validé, vous n’aurez plus qu’à attendre les résultats. Le calendrier des résultats est indiqué sur le site du CIEP.

Lors des résultats, vous pouvez être placé(e) :

  • En liste principale : vous aurez donc un placement dans un de vos vœux régionaux. Vous êtes sûrs d’avoir un poste d’assistant(e) et il ne vous reste qu’à attendre l’email de l’école.
  • En liste complémentaire : vous pouvez être recontacté(e) si une école est intéressée par votre profil. Dans ces cas-là, vos vœux régionaux ne seront pas forcément respectés, mais vous aurez un poste d’assistant(e). Par contre, il se peut que vous ne soyez pas recontacté(e)s, et dans ce cas-là, vous pouvez soit postuler directement auprès d’une école, soit continuer vos études.
  • En liste de refus : le CIEP et le British Council ont refusé votre candidature. Vous pouvez encore postuler directement auprès d’une école.

Pour ma part, j’ai choisi de partir au Royaume-Uni, et j’étais en troisième année de licence d’anglais quand j’ai postulé. C’est donc un de mes professeurs qui a effectué l’entretien. Lors du jour des résultats, qui étaient en mai, j’ai été mise en liste complémentaire. Autant vous dire que j’étais très déçue, même démoralisée, parce que je ne me sentais pas capable de reprendre directement mes études après la fin de la licence. J’ai été contactée fin juin pour me demander si je voulais toujours faire partie de l’aventure et si je voulais être placée en liste principale. J’ai directement appelé la personne concernée, et j’ai été placée en liste principale. Quelques jours plus tard, j’ai été contactée par l’école et ainsi, mon aventure en tant qu’assistante de français a commencé.

J’ai eu de la chance de savoir mon affectation assez tôt, mais il se peut que l’école ne vous contacte que fin juillet voire fin août. J’ai donc pu contacter d’autres assistants de Derby avant même d’y mettre les pieds, grâce à 2 groupes Facebook qui regroupent les assistants de français au Royaume-Uni pour l’un, et les assistants de toutes langues confondues au Royaume-Uni.


La paperasse et se loger 

J’ai fait un article très complet sur le sujet des papiers et du logement, mais pour ceux qui cherchent juste à en savoir plus sur l’assistanat et sa misère administrative, voici un copier-coller de cet article.

 

A faire avant de partir 

Avant de partir, c’est déjà le gros n’importe quoi. Entre ceux qui font une année de césure, ceux qui font des études à distance, ou ceux qui vont juste faire une année sabbatique, il y en a pour tous les goûts.

Alors voici ce qu’il faut faire avant de partir.

 

Faire un passeport !

Je sais qu’on nous dit que c’est « conseillé » d’en faire un pour le DBS Check. Et bien, désolée de vous dire que c’est OBLIGATOIRE ! Pour ouvrir un compte en banque, pour avoir le DBS Check, pour acheter de l’alcool (parce que la carte d’identité française n’est pas assez « officielle »…), etc. Bref, faites-vous faire un passeport. Je sais, ça coûte cher, mais c’est nécessaire !

 

Demander un extrait de casier judiciaire

L’école vous le demandera de toute façon, mais prenez-en 2 copies, au cas où. Et faites la demande fin juillet-début août, car il doit être « vieux » de 3 mois maximum (comme on commence en octobre, c’est la bonne chose à faire).

 

Prendre rendez-vous avec sa banque

C’est très important : il faut demander à votre banque de soulever les plafonds de virement, de vous soumettre les frais de virement et les frais de retrait au guichet automatique. Il faudra aussi demander à votre banque si elle est rattachée à une banque anglaise, ou si elle est a une branche britannique. Ça peut vraiment vous faciliter la vie. HSBC a une branche britannique, par exemple. Et pensez à imprimer un RIB, et à demander les coordonnées de votre banque en cas de problème.

 

Se renseigner pour les impôts

Chaque centre de finances publiques a un discours différent. Alors, déplacez-vous, allez rendre visite au centre de finances publiques, et demandez-leur quoi faire. Le personnel saura mieux vous renseigner que moi (on m’a dit de ne pas les déclarer…).

 

S’occuper de son téléphone

Vous avez plusieurs options : soit vous suspendez votre contrat (il faudra quand même payer une petite somme par mois) et prenez un abonnement au Royaume-Uni, soit vous résiliez votre contrat, soit vous prenez un abonnement européen en France (c’est ce que j’ai fait). L’abonnement est plus cher, mais je garde mon numéro français. Si vous choisissez d’avoir un abonnement ici, choisissez Giffgaff (sur internet), beaucoup d’assistants choisissent cet opérateur.

 

S’occuper de sa voiture

J’ai laissé ma voiture en France, alors je vous conseille d’aller voir votre compagnie d’assurance directement. Parce que si vous amenez votre voiture en Angeleterre et si vous restez plus de 6 mois, vous allez de voir payer une assurance et avoir une plaque d’immatriculation en Angeleterre.

 

Rendre visite à son dentiste et à son médecin

Pour une petite visite de courtoisie avant de partir. Et vous n’aurez pas le choix pour le médecin, car vous devez remettre une fiche médicale complétée par votre médecin à l’école (la fiche se trouve sur le site du CIEP). Et profitez-en pour demander une ordonnance avec des médicaments spécifiques dont vous avez besoin, du type médicament pour les allergies, la pillule, etc. Parce que vous n’allez pas forcément trouver les mêmes ici.

 

Donner procuration à ses parents / proches / quelqu’un

Ou s’inscrire en ligne pour voter en Angleterre. Allez au poste de police avec votre carte d’identité, et le tour est joué !

 

Se procurer des photos d’identité

Vous en aurez besoin pour la carte de train 16-25 ans, par exemple.

 

Pour les étudiants : apporter sa carte étudiante française et/ou se créer une carte étudiante internationale (ISIC)

Parce que la carte étudiante française n’est pas forcément reconnue partout, alors que la carte ISIC, oui. Elle coûte 13€.

 

Préparer des papiers, des photocopies à emporter et scanner vos documents importants !

Carte d’identité, passeport, diplômes, contrat ou lettre de l’école, extrait de casier judiciaire, factures qui prouvent votre adresse en France ou une lettre de vos parents en anglais, RIB, identifiants (banque, ameli, etc.), etc. Pourquoi les scans ? Parce que certains propriétaires ne sont pas dans la ville même, des fois, alors ils demandent qu’on envoie les photocopies de nos passeports, contrat, etc. Une photo peut suffire, mais autant être prévoyant !

 

Demander la carte européenne d’assurance maladie

Mieux vaut l’avoir au début, au cas où.

A faire une fois arrivé(e)

Trouver un logement

C’est la partie la plus stressante. Déjà, ce n’est pas la peine de commencer à chercher des mois avant. Ici, il vaut mieux commencer à chercher quelque chose une semaine avant, et visiter la semaine d’après (et encore…).

Vous pouvez soit passer par les sites que je vais citer plus bas, soit passer par une agence de votre ville (Vive Google Maps !). Mais sachez que passer par une agence sera toujours plus cher, puisque vous devez payer la caution (dont une partie sert à réserver le bien immobilier), entre 1 et 6 mois de loyer et les frais d’agence, qui peuvent être très différents d’une agence à une autre. Après être passée par une agence, je sais que je ne recommencerai que quand je serai sûre de rester en Angleterre pour un moment et que je veux mon chez-moi.

Et même en passant par le propriétaire, vous paierez quand même la caution plus le premier mois de loyer, alors prévoyez pas mal d’argent !

Voici quelques sites utiles :

rightmove.co.uk

spareroom.co.uk

easyroomate.com

airbnb.co.uk

A tous ceux de la colocation, ça a l’air effrayant, mais c’est plus abordable qu’un appartement. Et on fait de belles rencontres (parfois !).

 

Ouvrir un compte en banque

C’est un cercle vicieux : il faut avoir un logement pour ouvrir un compte, et il faut avoir un compte en banque pour acquérir un logement. Et alors que c’était facile d’ouvrir un compte l’année dernière (passeport + lettre de l’école avec mon adresse dessus = compte ouvert !), cette année, c’est le bazar (Merci qui ? Merci Brexit !) ! Beaucoup d’assistants ont dû demander à plusieurs banques pour ouvrir un compte avant que l’une d’entre elles acceptent, et une est même rentrée en France pour ouvrir un compte chez HSBC… Même Lloyds les a refusés. Donc, pour bien vous préparer, voici une liste des papiers que la banque va peut-être vous demander : passeport, contrat de l’école, lettre de l’école avec votre adresse anglaise dessus, 1ère lettre du NIN, numéro fiscal français, etc. … Bon courage !

 

Procurer une fiche de paie et le numéro de votre compte anglais à votre banque française

Faites ceci pour pouvoir faire des virements de votre compte français à votre compte anglais. Et comme beaucoup de personnes passent par Currency Fair ou Transferwise, donnez leurs coordonnées aussi pour les virements.

 

Faire le DBS Check

L’école doit vous donner un identifiant et un mot de passe (si personne ne vous donne de papiers concernant le DBS Check, soit ils le font eux-mêmes, soit il faut leur demander !). Tout est sur le site http://www.dbsassist.co.uk. Il faudra juste connaître votre/vos adresse(s) en France et/ou à l’étranger, etc.

 

S’enregistrer au Consulat

Pour renouveler votre passeport, pour pouvoir voter en Angleterre, etc.

 

S’enregistrer chez un GP (docteur) ou/et chez un dentiste

C’est très dur de se faire enregistrer chez un dentiste, alors je ne l’ai pas fait. J’ai fait vérifier mes dents avant de partir. Et pour se faire enregistrer chez un docteur, il faudra connaître vos antécédents médicaux graves et ceux de votre famille (cancers, maladies, etc.). Ainsi, vous aurez droit à votre NHS Number (qui mettra un certain temps à arriver !).

 

Acquérir un National Insurance Number

On paie pour la National Insurance. En début d’année, l’école vous donnera un numéro de téléphone qui correspond à un jobcenter de la région (si personne ne vous donne rien, demandez !). Attention, ce numéro est surtaxé ! Ou vous pouvez appeler le numéro national (aussi surtaxé) : 0800 141 2075. Préparez-vous à entendre du Vivaldi en très mauvaise qualité pendant une bonne treintaine de minutes. On vous posera des questions : depuis quand vous êtes en Angleterre, votre nationalité, votre adresse, etc. Puis on vous donnera un rendez-vous, un jour, une heure, une adresse (ce ne sera pas forcément dans votre ville) et les documents à apporter (passeport, preuve d’adresse, contrat de l’école, carte vitale française). L’école vous donnera un NIN provisoire en attendant d’avoir le numéro définitif, que vous recevrez entre 2 et 6 semaines plus tard.

 

S’occuper des taxes

Les « pensions » (retraite, chômage, etc.) : vous avez le choix entre ne pas les payer, ou payer et les faire transférer en France pour signaler que vous avez travaillé ici. Encore une fois, si vous ne voulez pas payer, demandez comment faire à votre école.

La Council Tax : les assistants étant passé(e)s par le CIEP en sont exempté(e)s (Youpi !). Courant octobre, vous recevrez par mail votre Certificate of Registration, et il faudra l’envoyer au gouvernement local accompagné d’un lettre avec votre nom, prénom et adresse. Attention : si vous vivez dans un colocation et que la CT est inclus dedans, vos colocataires paieront plus chers, et si vous commencez à vivre dans votre logement avant octobre, ou si vous restez plus longtemps à la fin de l’année, vous la paierez (en septembre et en juin, par exemple).

L’emergency tax : certaines taxes peuvent être prélevées au début, celle-ci en fait partie. En général, vous serez remboursés le mois d’après. Mais si ce n’est pas le cas, vous devez prévenir votre école.


Le salaire et les dépenses

Le salaire augmente un peu chaque année. Cette année (2018-2019), le salaire brut était de £914, le salaire net de £890. En tant qu’assistants, nous ne payons pas d’impôts, car nous ne gagnons pas assez. Cependant, il arrive que vous en payez le premier mois. Dans ce cas-là, vous serez remboursés le mois d’après, à condition que l’école l’ait signalé. La seule taxe que nous devons payer est la National Insurance. Vous pouvez aussi payer la Pension, mais comme cité plus haut, vous pouvez ne pas la payer.

Il faut savoir qu’à Londres, votre salaire sera plus élevé car Londres est une ville chère, et les loyers sont donc plus élevés que dans les autres villes.

Concernant les dépenses mensuelles, vous aurez donc le loyer. Vivant à Derby, mon loyer était de £350 charges comprises (pour ma colocation). Je payais aussi environ £25 de bus par mois, quand le temps était trop mauvais pour que je marche jusqu’à l’école ou pour que j’y aille en vélo. Il me restait donc plus de la moitié du salaire !

Une autre question va se poser : est-ce que faire ses courses est plus cher ? Ma réponse : ça dépend où vous allez. J’allais faire mes courses soit à Lidl, soit à Aldi, soit au marché du coin. Je devais dépenser maximum £100/mois en nourriture, restaurants non inclus.

Le salaire est donc suffisant pour une personne, pour bien vivre et bien voyager !


Que faire pendant son temps libre ?

A l’école

Comme on ne fait en général que 12h/semaine, les profs essaient de donner le vendredi de libre. Ou au moins de bien aménager votre emploi du temps ! La première année, j’ai eu le vendredi de libre. La deuxième année, j’avais le lundi et le vendredi de libre. Et l’année dernière, j’avais le mardi de libre.

De plus, vous aurez pas mal de temps libre à l’école ! J’ai pris d’assaut la bibliothèque de l’école, et cette dernière année, j’ai décidé d’animer 2 clubs de français à l’école : un club de jeux de société et un club de cuisine pour l’école primaire ! J’ai pu leur faire découvrir le Mille Borne et ma recette de gâteau au chocolat ! J’aimais aussi aller prendre un thé dans la salle des profs.

 

Le weekend et les vacances

Avec le salaire, les longs weekends et les nombreuses vacances, vous avez tout le temps de voyager, de sortir, de rencontrer des gens. Car oui, on a beaucoup de vacances ! En octobre, j’avais 2 semaines de vacances seulement 2 semaines après la rentrée ; en novembre, j’avais un weekend de 4 jours ; pour Noël, j’avais 2 semaines voire 2 semaines et demi ; en février, une semaine ; en avril, trois semaine (!) ; et enfin, en mai, une semaine. Beaucoup de temps libre qu’il fallait combler !

Les deux premières années, j’ai eu de la chance d’être avec des personnes sympas et qui voulaient voyager. Je voyageais donc souvent avec elles. La première année, comme je faisais une année sabbatique, je partais pratiquement tous les weekends, soit en voyage dans une autre ville (ou un autre pays), soit en randonnée près de Derby. Les deuxième et troisième années, comme je faisais une formation à distance, je partais moins souvent, mais je voyageais toujours !

Pendant la semaine, après l’école, j’en profitais pour voir les autres assistantes, sans même sortir de chez moi la deuxième année, ou de partager mon dîner avec mes colocs, ou encore de jouer aux jeux de société avec eux ! Et parfois, le mercredi, j’allais à l’International Society, où je voyais mes amis étrangers de Derby. Encore une fois, beaucoup de temps libre à combler !


C’est surtout partir à l’étranger, partir vers l’inconnu

Partir en tant qu’assistant(e) de français à l’étranger, c’est surtout partir à l’étranger. Je connaissais un peu le pays où j’allais, mais beaucoup d’assistants partent vers l’inconnu. Le mot « étranger » a pour étymologie « ce qui vient de l’extérieur ». Vivre à l’étranger, c’est vivre en dehors de ce qui nous est ou était familier.

Le dépaysement peut être assez dur à vivre : on mange à des heures différentes, le soleil se couche plus tôt en hiver, etc. J’ai pris l’habitude de manger entre 18 et 19h, et en hiver, le soleil se couche entre 15h30 et 16h. Le moral en prend un coup, mais ne vous inquiétez pas, au printemps, il se lève à 5h du matin… Et vous avec ! On peut aussi noter l’absence de volets, et avec les rideaux que j’avais dans ma chambre, c’était comme si le soleil était dans ma chambre. Et je peux aussi me souvenir de ma première semaine : voir les gens qui roulent à gauche me mettait dans un stress total : je ne savais plus de quel côté regarder en premier quand je voulais traverser.

Vivre à l’étranger, c’est parler une langue différente, qui est attribuée à une culture elle-aussi différente. Et le premier mois, bonjour les maux de tête après une journée à parler anglais !! Et pourtant, j’avais l’habitude quand je faisais ma licence. Mais là, je devais me concentrer pour comprendre ce que disaient les autres. Et le pire, pour moi, c’était pendant le déjeuner à l’école : avec tous les bruits, quand une personne parlait à côté de moi, je devais me concentrer pour entendre et pour comprendre. Mais ça s’améliore, et quand on rentre à Noël, on se rend compte du progrès qu’on a fait ! Pour moi, le déclic a été quand je suis rentrée pour Noël : le premier soir, quand je regardais la télé, je me suis mise à parler anglais. Et je m’en suis rendue compte seulement quand j’ai vu la tête que faisait ma mère XD. Et quand je me suis mis à faire l’humour en anglais. Avec des Anglais. Ce sentiment est juste génial !

Qui dit culture différente dit aussi attitudes différentes. Et je dois dire : les attitudes des Brits me manquent. Les gens sont plus polis (sorry ! sorry ! no, I’m sorry), les chauffeurs de bus vous disent « hello darling ! », les caissiers sont aimables (« hi ! how are you ? »), les vendeurs sont presque toujours là pour vous aider et vous conseiller, et ont la conversation facile ! Un autre exemple : quand on prend le métro ou le bus, on attend que tout le monde soit descendu pour monter. Il n’y a que dans une seule situation où ils le sont beaucoup moins : quand ils arrivent en voiture et que les gens traversent. Eux, ils foncent, et tu as intérêt à te dépêcher de traverser XD !

Et il faut se le dire, les « au revoir » sont assez durs. Je suis très proche de ma famille, et j’ai pleuré pendant tout le vol aller, mais une fois sur place, j’étais heureuse parce que ça y est, j’y étais. Et rencontrer des personnes aident aussi beaucoup.

Vivre dans un pays différent, s’exprimer dans une langue différente, comprendre une culture différente, ça peut être dur. Je ne compte pas le nombre de personnes sur le groupe Facebook qui sont rentrées en France car elles avaient le mal du pays. Alors comment fighter ce homesickness ? Voici plusieurs conseils : ne restez pas seul(e). Sortez, allez prendre un verre, essayez d’aller voir d’autres assistants aux alentours, faites des choses que vous aimez. J’ai eu le mal du pays une seule fois pendant ces trois années : la première année, quand j’ai eu des problèmes avec mon premier proprio. C’est pour ça que je voyageais beaucoup, que je voulais faire quelque chose tout le temps. Surtout, ne restez pas seul(e).

Et vous verrez, quand vous revenez de l’étranger, c’est comme revenir dans un pays qui nous était familier, et pourtant, j’ai du mal à me sentir chez moi. Je regarde du mauvais côté de la route quand je veux traverser, je prends toujours un petit thé avec un nuage de lait, je dis sorry à tous bouts de champs. Je suis presque homesick de l’Angleterre !

Alors pour tous ceux qui se demandent : est-ce que cette expérience vaut le coup ? Oui ! A 100%. Déjà, vous avez un salaire. Avant même de mettre les pieds dans le pays en question, vous avez un job. J’ai grandi pendant cette expérience. Je me suis épanouie, et je sais que j’ai changé J. Alors pour tous ceux qui veulent partir en assistanat, foncez !

 

Arrive enfin la fin de cet article ! Si jamais vous avez des questions, n’hésitez pas !

 

 

 

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